Voici un texte écrit à partir d’un article du journal Reporterre, un média indépendant, et composé pour vous aider à y voir clair.
Pas un jour ne passe sans apporter son lot de nouvelles cataclysmiques : le dérèglement climatique menace notre civilisation, le vivant s’effondre … Pas une source d’eau qui ne soit polluée aux pesticides, pas une forêt qui ne soit menacée d’extinction, ...
Les guerres et la répression se multiplient …
Notre époque est dominée par la religion capitaliste, dont le dieu tout puissant est l’argent, et la croissance à tout prix, est son premier commandement. On ne compte plus le nombre de règles et de réformes politiques brutales et injustes imposées au nom des « Lois du Marché ».
Et, pour assouvir le besoin d’accumulation du capital, il faut presser les humains et la Terre jusqu’à la dernière goutte !
Aucune révolte d’ampleur ne gronde à l’horizon, car l’abattement touche les esprits : le fatalisme domine à tel point qu’il nous est plus facile, d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme.
Voilà le cœur du problème …. La plus fine ruse inventée par la classe dominante, pour maintenir le statu quo, et imprégner les esprits de l’idée qu’il n’y a pas d’alternative.
« Est-il normal que les êtres humains soient incapables d’imaginer à quoi ressemblerait un monde meilleur » dit exactement David Graeber.
Nous avons peur du vide.
Comment et par quoi remplacer ce système abject ?
Et comment inventer un nouveau monde ?
Le désespoir n’est pas naturel, il est fabriqué, et nous avons besoin urgemment d’en finir avec l’imaginaire morbide du capitalisme.
Le temps est venu de sortir de la sidération.
Le temps est venu de percer la chape de plomb qui écrase notre avenir, et d’éclater l’horizon des possibles.
D’ailleurs, les promesses de ce système ne font plus rêver grand monde .
Pourtant, l’imaginaire du capitalisme tient encore debout, mais, il titube peu à peu, sans but, ni grand chose à proposer. L’impératif de croissance économique constitue encore un argument solidement ancré dans le débat public. S’y opposer est souvent inaudible, voire inquiétant.
Prôner la sobriété, questionner la finalité de la technologie, le respect des minorités demande de l’audace et du courage.
Il faut briser ce carcan et élargir les fissures dans le bloc de l’imaginaire dominant .
Nos avenirs nous appartiennent : nous pouvons les imaginer, jouer avec, les expérimenter et les construire à notre guise.
Pour notre santé et notre équilibre, il est urgent de rendre audibles au plus grand nombre ces récits d’autres futurs possibles.
« La science-fiction, le théâtre, les arts au pluriel créent à ce titre, un “réservoir cognitif”, un stock d’expériences capables de “travailler les possibilités ».
Iels permettent de sortir du cadre …
… Avertir, prévenir, révéler les brèches du système.
Les utopies n’ont pas vocation à offrir sur un plateau la recette pour établir une société parfaite. Pour la bonne et simple raison qu’une telle société n’existe pas, l’être humain étant lui-même condamné à l’imperfection.
La société la plus harmonieuse qui puisse être est celle qui tâtonne, écoute, prend soin des relations entre ses membres (humains et non humains) et se réinvente en permanence. Une utopie figée, certaine de ses règles parfaites, sacrifierait la liberté humaine et tomberait instantanément dans la dystopie, celle d’un « paradis pour automates », résume Vincent Gerber, historien.
Pour piocher une dernière citation, laissons Terry Pratchett [
2] conclure : « Vous avez besoin de croire dans les choses qui ne sont pas vraies. Autrement, comment pourraient-elles advenir ? »