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La Canicule rend-elle aveugle ?

Les épisodes de canicule se succèdent, mettent à mal la population, les organismes, et principalement ceux des plus précaires.

Cette ambiance cataclysmique n’a pas été anticipée, elle fait réagir dans la précipitation et provoque un consensus dans la classe politique qui lance de nouvelles promesses : On va climatiser à tour de bras ! Dans les hôpitaux, les EHPAD, les écoles, les ministères…

La technologie, seule réponse à tous les maux

Derrière le prétexte de protéger, ne peut-on débusquer une sorte d’aveuglement qui a pour but de préserver le « climat » social tout en se moquant des conséquences délétères sur le climat tout court ?
Il faut savoir que ces techniques énergivores participent d’abord à préserver un confort autocentré - constitué de besoins individuels à courte vue, afin de ne rien changer à nos habitudes - , ensuite à augmenter la consommation énergétique, ce qui signifie amplification de l’effet de serre et des températures. Si les pompes à chaleur permettent l’été de rafraîchir l’air intérieur des immeubles, elles le font en réchauffant l’air extérieur !
Les méga data center, grands pourvoyeurs de fournaise et de sécheresse, ont également la côte ! Leur but est de stocker nos données personnelles, de développer l’Intelligence Artificielle en vue de révolutions numériques et sociétales, cela dans l’espérance de juteux profits, ce qui nous permettra de voguer à 45° vers le transhumanisme.

Une politique faite pour préserver le confort de quelques uns au détriment des conditions de vie pour l’ensemble de la planète.

Les habitants de ce pays en seront-ils réduits à passer leur vie enfermés, leur quotidien les faisant passer du logement climatisé à la voiture climatisée, à l’avion climatisé, aux terrasses couvertes climatisées… un agrément thermique hors sol qui laissera le sentiment que tout va bien.
Les plus défavorisés vont devoir quant à eux se contenter des grandes surfaces, climatisées elles aussi. Ces hauts lieux de la consommation à tout va vont devenir le refuge bondé du pauvre. Ça ne doit pas être si désagréable, vu « d’en haut » où de la cabine de son yacht, de contempler la populace s’entasser. Chacun à sa place.

Face à une économie opportuniste et inconséquente, n’est-il pas temps de choisir le vivre ensemble, le prendre soin ?

Dans un système dévolu au profit financier, quelle place pour la nature, de notre rapport à elle, pour la préservation du vivant ? Rappelons que nous en faisons partie, nos métabolismes ont besoin d’eau, de fraîcheur, d’air pur, autant que de vie sociale.

Plutôt que la clim, pourquoi met-on de côté la perspective de végétaliser les bâtiments, les villes, les rues… solution bien plus efficace à rafraîchir tout en préservant l’environnement ? A croire que ce type de réponse, centrée sur le prendre soin, répond peu favorablement à la recherche permanente de profit qui anime nos « élites ».

Une réponse citoyenne…

Aujourd’hui, nous sommes beaucoup de citoyens à nous sentir affligés face à l’indigence des réponses politiques, le plus souvent au profit d’intérêts politico-financiers douteux favorisant les plus privilégiés plutôt que pour la préservation de la population dans son ensemble.

En tant que citoyens n’avons-nous pas à prendre nos distances face à l’illusion consuméro-productiviste patriarcale qui favorise le règne de la domination, des inégalités, de la démagogie, du mensonge, autant que l’irresponsabilité politique, de plus en plus prégnante ?

C’est peut-être à chacun de nous de se reprendre en main. En cherchant, proposant, puis mettant en acte des réponses concrètes, fussent-elles modestes, qui se veulent éclairées. Au service du bien commun, chaque individu a quelque chose à gagner.

Faire ensemble, réanimer la citoyenneté ; en confiance, dans la sincérité ; afin de mieux prendre soin de soi, de notre relation aux autres, de ce qui nous entoure…
Serions-nous plus malheureux avec plus de convivialité, de simplicité, avec un véritable sens de l’éthique, au service de chacun autant que du vivre ensemble ?

Un temps venu d’exercer notre véritable humanité...

Par Jean-Paul Mourey

Publié le lundi 6 juillet 2026

Mis à jour le dimanche 12 juillet 2026